Kamishibai board : auditer les standards au poste de travail
Article mis à jour en octobre 2026. La version précédente décrivait le Kamishibai comme un tableau où chaque étape d’un processus est une carte. Ce n’est pas la définition donnée par le Lean Enterprise Institute : le Kamishibai board est un outil d’audit. L’article a été réécrit en conséquence, avec une méthode, un test et une FAQ.
TLDR : Le Kamishibai board est, selon le Lean Enterprise Institute, un contrôle visuel qui sert à réaliser des audits dans un processus en rendant évident ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Il donne aux responsables un calendrier de visites et ce qu’il faut vérifier, ce qui fait entrer le « aller voir » du Lean dans le travail standardisé du management. Le tableau montre si les audits ont eu lieu, leur résultat et les écarts avec leurs contre-mesures. Il se construit en quatre étapes : standards, cartes, calendrier, réaction immédiate.
On rencontre le Kamishibai sous deux formes dans les entreprises : un tableau de cartes de couleur au mur, et l’idée vague que « c’est pour visualiser les processus ». Cette seconde idée est inexacte. Le Kamishibai board n’est pas une carte du processus : c’est un outil qui organise les audits de ce qui devrait toujours être fait de la même manière.
Ce qu’est un Kamishibai board
Selon le Lean Enterprise Institute, un Kamishibai board est un contrôle visuel pour réaliser des audits dans un processus, en rendant clairement et rapidement identifiables les conditions normales et anormales. Il oriente aussi l’attention du management vers le gemba. Il fait entrer le principe lean du « genchi gembutsu », aller voir ce qui se passe réellement, dans le travail standardisé du management : il donne aux responsables un calendrier des visites d’un processus et la liste de ce qu’il faut y vérifier. Le tableau montre si les audits requis ont eu lieu, leurs résultats et, si nécessaire, des notes sur les anomalies et les contre-mesures. Le but est d’agir immédiatement en cas d’anomalie (Lean Enterprise Institute, Kamishibai Board).
Les symboles utilisés
Selon le LEI, une pastille de couleur sur le tableau signale le résultat d’un audit. Les conventions suivantes sont décrites :
| Symbole | Signification |
|---|---|
| Cercle | La bonne qualité et la bonne quantité sont produites et le bon travail standardisé est suivi |
| Triangle | Une anomalie a été observée et corrigée |
| X | Une action corrective est nécessaire pour corriger une anomalie observée |
| Case vide | L’audit n’a pas eu lieu : le soutien de l’équipe n’a pas été apporté |
La case vide est aussi importante que le X : elle montre que le management n’est pas venu.
Mettre en place un Kamishibai board en quatre étapes
- Choisissez les standards à auditer : peu, critiques pour la qualité ou la sécurité.
- Créez une carte par audit : ce qu’on vérifie, où, à quelle fréquence, par qui.
- Fixez un calendrier de visites pour chaque niveau de management, afin que chacun sache quand il doit être sur le terrain.
- Réagissez immédiatement aux écarts : réparer, décider, noter la contre-mesure.
Le Kamishibai rejoint le Layered Process Audit et l’article sur le Kamishibai board publiés précédemment, ainsi que la Gemba walk. Il s’intègre bien à un Obeya.
Ce qui fait qu’un Kamishibai ne fonctionne pas
- Auditer trop de points : le tableau devient une corvée.
- Ne pas réagir aux écarts : les audits perdent leur sens.
- Laisser des cases vides sans en parler : le management s’exonère.
- Utiliser le tableau pour contrôler les personnes plutôt que les standards.
Situation type : un tableau d’audit sur une presse
Voici un scénario illustratif, construit pour montrer la démarche. Il ne décrit pas une entreprise réelle. Dans une PME de plasturgie, le responsable qualité choisit cinq points à vérifier sur une presse : réglages, propreté du moule, étiquetage, équipements de protection, relevé du premier produit. Il crée cinq cartes et un calendrier : le chef d’équipe vérifie chaque jour, le responsable de production chaque semaine.
Au bout de trois semaines, deux cases restent vides le vendredi. Le responsable de production demande pourquoi : la visite hebdomadaire tombait pendant une réunion. Le créneau est déplacé. Le tableau a révélé un défaut du management, pas de l’équipe.
Votre Kamishibai est-il un outil d’audit ? Un test de six questions
Ce test n’a pas de valeur statistique. Il situe en quelques minutes l’utilité de votre tableau. Répondez par oui ou par non.
Auto-diagnostic : mon Kamishibai remplit-il son rôle ?
- Utilisez-vous le tableau pour représenter un processus plutôt que pour auditer ?
- Plus de dix points sont-ils audités sur le même tableau ?
- Des cases vides restent-elles sans réaction ?
- Le calendrier de visites des responsables n’est-il pas défini ?
- Les écarts ne reçoivent-ils pas de contre-mesure notée ?
- Le tableau sert-il à contrôler les personnes ?
Lecture : de 0 à 1 « oui », votre Kamishibai remplit son rôle. De 2 à 3 « oui », réduisez les points audités et réagissez aux cases vides. À partir de 4 « oui », le tableau est décoratif : repartez des standards à auditer.
Que faire dès cette semaine
- Choisissez cinq standards critiques à auditer sur un poste.
- Créez une carte par audit et un calendrier de visites par niveau de management.
- Réagissez à chaque écart dans la journée et notez la contre-mesure.
Pour aller plus loin : maintenir votre performance : le Kamishibai board, le Layered Process Audit et la Gemba walk.
Erreurs fréquentes à éviter
- Décrire un processus étape par étape sur le tableau au lieu d’auditer des standards.
- Auditer trop de points.
- Ne pas réagir aux écarts.
- Laisser les cases vides sans en parler.
FAQ
Qu’est-ce qu’un Kamishibai board ?
Selon le Lean Enterprise Institute, c’est un contrôle visuel pour réaliser des audits dans un processus, qui rend clairement visibles les conditions normales et anormales et oriente le management vers le terrain.
Que signifient les symboles d’un Kamishibai ?
Cercle : tout est conforme. Triangle : anomalie observée et corrigée. X : action corrective nécessaire. Case vide : l’audit n’a pas eu lieu.
À quoi sert un Kamishibai board ?
À donner aux responsables un calendrier de visites et ce qu’il faut vérifier, pour agir immédiatement sur les anomalies. Il intègre le « aller voir » dans le travail standardisé du management.
Pourquoi les cases vides comptent-elles ?
Parce qu’elles montrent que l’audit n’a pas eu lieu, c’est-à-dire que le management n’a pas apporté son soutien à l’équipe.
À retenir
- Le Kamishibai board est un outil d’audit, pas une carte de processus.
- Il donne un calendrier de visites et ce qu’il faut vérifier à chaque niveau de management.
- Une case vide est un signal pour le management.
Quel standard critique de votre atelier n’est jamais audité, et qui devrait aller le voir chaque semaine ?
Auteur : Johnny Keire, gérant de Theos Consulting, intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) et ancien directeur de sites industriels et logistiques. En savoir plus sur l’auteur.








